Pour sauver les tortues, la Guyane veut se battre contre la pêche illégale

Cayenne (Guyane), correspondance

Seront-ils plus entendus à Nice qu’à Cayenne ? Les pêcheurs guyanais comptent sur la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc), qui se tient du 9 au 13 juin dans la ville méditerranéenne pour alerter sur la pêche illégale qui sévit dans leurs eaux depuis plus de vingt ans. Représentés au sein de la délégation guyanaise, qui compte aussi des élus et des responsables associatifs, ils ont pu exposer leurs griefs le 10 juin lors d’une table ronde dédiée.

« Quand nous arrivons par miracle à installer nos filets, il ne nous reste que les miettes. Nous sommes complètement dépouillés de nos ressources. J’en suis à craindre que certains pêcheurs ne prennent les armes pour faire justice eux-mêmes », commente Léonard Raghnauth, le président du Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) resté en Guyane.

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En septembre dernier, un rapport de l’Ifremer et du CRPMEM avec le soutien du WWF concluait que la pêche pirate, originaire du Suriname, du Guyana et du Brésil, avait doublé en douze ans.

Effondrement des poissons

« Au-delà des pertes énormes que ça engendre pour notre filière, troisième secteur économique de la Guyane, c’est toute la biodiversité marine qui disparaît », poursuit Léonard Raghnauth. Outre le cas emblématique de la tortue luth, en danger critique d’extinction dans l’ouest guyanais, certaines espèces de poissons blancs très consommés, comme les acoupas, connaissent un effondrement rapide de leurs populations.

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Auteur: Enzo Dubesset

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