La sécheresse historique qui a touché le Danube cet été menace le fonctionnement de la centrale nucléaire de Paks, en Hongrie. Pour éviter son arrêt, le Premier ministre Péter Magyar a lancé, à la mi-août, la construction d’un seuil de pierre dans le fleuve, sans autorisation environnementale ni concertation avec les pays voisins, rapporte Mediapart le 12 octobre.
L’installation fournit 40 % de l’électricité du pays. Mi-août, 3 des 4 réacteurs étaient à l’arrêt et la centrale ne produisait plus que 10 % de sa production habituelle. Deux péniches ont d’abord été coulées devant le site, puis 43 000 m3 de pierres ont été déversés dans le fleuve. Fin août, le niveau de l’eau avait remonté d’une cinquantaine de centimètres, ce qui a permis à la centrale de retrouver une production presque optimale.
« Ils n’ont demandé l’autorisation à personne pour le construire »
Le chantier a été lancé sans étude d’impact sur l’environnement, alors que le Danube est classé Natura 2000 en Hongrie. Pourtant, cet ouvrage menace la biodiversité du deuxième fleuve le plus long d’Europe. « La majeure partie des poissons ne pourra pas franchir le barrage », alerte András Lányi, chercheur en écologie et en sciences humaines, interviewé par le média d’investigation. L’eau réchauffée par la centrale, réinjectée en aval, est une autre menace pour leur survie. La construction pourrait enfin accentuer l’approfondissement du lit du fleuve et accroître les risques d’inondation.
Les conséquences de ce barrage pourraient s’étendre aux pays situés en aval, notamment la Serbie, dont plus de 90 % des ressources en eau renouvelables proviennent de l’étranger. « C’est un fleuve international et ils n’ont demandé l’autorisation à personne pour le construire. Cela aura de lourdes conséquences sur l’hydrologie et l’écologie du Danube », dénonce Daniela Stojković…
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