Pour se faire payer, les vacataires de l'université vont au tribunal et gagnent

Basile* est un jeune docteur en sciences humaines en région parisienne. En attendant de trouver un poste, il fait des vacations dans plusieurs universités. Il est en charge de travaux dirigés (TD) et des cours magistraux, comme un enseignant-chercheur titulaire, mais est payé à l’heure, entre 43,50 et 65,25 euros brut, selon la nature du cours. « En 2023-2024, quand j’ai fait mes premières vacations, mes cours d’octobre ont été payés début janvier, ceux de février-mars ont été payés fin juin. La fac nous disait qu’elle ne pouvait pas faire autrement », retrace le jeune homme.

La pratique est pourtant contraire à la loi. Longtemps, les enseignants vacataires, les plus précaires de l’université, étaient payés en fin de semestre, parfois six mois après avoir travaillé. Mais après des années de mobilisation, la loi de programmation de la recherche de 2020 a inscrit dans le code de l’éducation (article L. 952-1) l’obligation de payer les vacataires chaque mois, à compter du 1er septembre 2022 : « La rémunération des chargés d’enseignement et des agents temporaires vacataires est versée mensuellement », prévoit aujourd’hui la loi.

« On est les parias de l’enseignement supérieur » : ultra-précaires, les vacataires des universités ne lâchent pas

Pourtant, cette mensualisation n’est toujours pas appliquée. Le gouvernement le reconnaissait lui-même dans une réponse à la députée socialiste Anna Pic, en août 2025 : « La mensualisation du paiement de ces vacations n’est pas encore effective dans tous les établissements. » Pourquoi ? Parce que c’est compliqué, expliquait en substance le gouvernement.

3000 euros de dommages et intérêts

Face à cette situation, les vacataires, épaulés par des collectifs d’enseignants précaires et par la CGT, en viennent de plus en plus à attaquer les universités pour être payés. Basile, par exemple, engagé au sein de la CGT, a…

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Auteur: Rachel Knaebel