L’Himalaya ressemble à une ascension interminable, peut-être impossible. Le jour de son arrivée à Matignon, François Bayrou parlait de cet « Himalaya budgétaire » qui se dressait devant lui. Depuis des mois, le premier ministre semble pourtant y croire, malgré une assise parlementaire plus que fragile, malgré une impopularité grandissante. Plus que jamais menacé, incapable de défendre son plan de 43,8 milliards d’euros d’économies devant le Parlement, François Bayrou doit trouver le coup politique pour sortir de l’enlisement.
Rendez-vous le 25 août au 20, avenue de Ségur, dans le 7e arrondissement de Paris, une annexe de Matignon. Le même bâtiment où, il y a quatre mois, l’ancien haut-commissaire au Plan organisait une grande conférence de presse sur l’état des finances publiques et où, le 15 juillet, il présentait son plan austéritaire pour le prochain projet de loi de finances. « J’ai souhaité cette communication de rentrée à un moment préoccupant, et donc décisif, de l’histoire de notre pays, commence-t-il. Ce moment impose une clarification. » Le ton est grave.
Sur le même sujet : François Bayrou, le macronisme au bout du rouleau
À la tribune, le premier ministre peint un sombre tableau, celui d’une planète qui brûle, d’un monde où le droit international n’est plus respecté, d’une France dépendante de la dette. Il répète deux fois cette assertion : « Notre pays est en danger parce que nous sommes au bord du surendettement. » Tantôt, le premier ministre tente d’enfiler le costume du lanceur d’alerte : « Depuis 20 ans, chaque heure de chaque jour et de chaque nuit a augmenté la dette de 12 millions d’euros. » Tantôt, il se pose en grand sauveur de la France : « Autant que je le pourrai, je ne laisserai…
Auteur: Lucas Sarafian

