« Pour un artiste palestinien, c’est impossible d’ignorer le génocide à Gaza »



30 secondes à Gaza / Mohammad Sabaaneh / Alifbata / 112 pages / 20 euros.

Invité pendant le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême par Charente Palestine solidarité et la Maison des peuples et de la paix, qui lui consacre une exposition, Mohammad Sabaaneh n’a pas voyagé sans peine depuis la Cisjordanie, où il habite. « Pour ce séjour de six jours en France, il m’a fallu partir trois jours en avance, afin d’être certain que les checkpoints d’Israël ne me fassent pas rater mon avion à Amman », raconte-t-il. Enseignant l’art à l’université américaine arabe de Jénine, en Cisjordanie, l’artiste dénonce sans relâche les crimes d’Israël à l’encontre des Gazaouis.



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Comment a débuté votre carrière de dessinateur ?

Mohammad Sabaaneh : Lorsque la seconde Intifada éclate, plusieurs de mes amis sont tués ou arrêtés par l’armée israélienne. L’un d’entre eux, toujours sous les verrous aujourd’hui, me suggère de produire des dessins sur l’occupation de la Palestine. En 2001-2002, je m’engage à réaliser les portraits de Palestiniens tués durant les manifestations pour leurs funérailles du lendemain. Les familles m’apportent des photos, et je passe la nuit à dessiner leur fils ou leur frère tout juste décédé.

L’approche cubiste se révèle un bon moyen de représenter les horreurs que vivent les Gazaouis, car la guerre déforme leurs vies.

Un jour, un garçon de 10 ans dont le grand frère venait d’être tué m’a demandé si je dessinerais son portrait lorsqu’il…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Marius Jouanny

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