Longtemps je suis passé devant le kiosque de Lulu dans ma rue en bas de chez moi sans plus m’interroger, un peu irrité tout de même par la familiarité vulgaire, pour ne pas dire putassière, de cette bizarre appellation qui m’interpellait à mon corps défendant. Jusqu’à cette veille de Noël où photographiant ce SDF pionçant devant le kiosque plutôt que s’affairant à décrocher la lune, j’ai voulu y voir de plus près.
Naïf, j’avais l’idée plutôt vague que Lulu dans ma rue était une association à vocation humanitaire et sociale bénéficiant à Paris de la bienveillance et des largesses de la maire socialiste (celle, pour rappel, qui fait installer des dispositifs anti-SDF à tous les coins de rue). Eh bien non ! Enfin, pas vraiment. En deux clics j’apprends qu’il s’agit d’une entreprise commerciale intervenant dans le cadre de l’économie sociale et solidaire (ESS) , c’est-à-dire soumise à un certain nombre de règles dont l‘encadrement des bénéfices (au moins 50% doivent être réaffectés dans l’activité). Poursuivant ma recherche, j’apprends que Lulu dans ma rue a signé avec l’État en 2019 une convention nationale faisant d’elle la première entreprise d’insertion par le travail indépendant (EITI) , c’est-à-dire ne faisant appel qu’à des précarisés auto-entrepreneurs. Portée sur les fonts baptismaux par la ministre du travail Muriel Penicaud ( ex DRH du groupe Danone, entre autres…), cette EITI se définit comme « une conciergerie responsable qui met l’économie au service du social avec une double ambition : créer de l’activité à l ‘échelle locale comme support d’insertion pour les personnes éloignées de l’emploi et redynamiser la vie de quartier et le lien social. »
Interrogé par Mediapart, l’un des cinq chargés d’insertion professionnelle de Lulu dans ma rue précise sans rire : « Notre but est d’aider les personnes à devenir autonomes dans…
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Auteur: dev

