Depuis quelques années, les discours révolutionnaires et écologistes se confrontent à une problématique particulièrement épineuse : changer le monde implique nécessairement de repenser de fond en comble la question de la production, soit de ce qui est produit et de comment ça l’est. A titre d’exemple, pour ce qui est de se nourrir, la forme même de l’agro-industrie est incompatible avec la production d’aliments non-toxiques dans des conditions minimalement désirables. C’est d’ailleurs la proposition fondamentale de la Confédération Paysanne : faire renaître une paysannerie à même de contester et combattre le monopole agro-industriel. Un paysan lecteur de lundimatin nous a transmis ce texte et ce problème : quid de nos addictions ? Les révolutionnaires peuvent-ils espérer continuer de fumer des roulées après la révolution ?
Quand on parle d’autonomie paysanne, on évoque essentiellement le maraîchage et l’élevage. On regrette souvent que les nouveaux paysans délaissent ce dernier, comprenant bien, quel que soit notre rapport à l’élevage, qu’il est impossible de le laisser à l’agro-industrie pour peu qu’on souhaite réellement reprendre l’agriculture et les terres des mains de celle-ci. On parle très peu des plantes, ou on les inclut à tort dans la culture maraîchère. Parmi celles-ci, une plante très particulière est rarement (peut-être même jamais) abordée : Nicotiana tabacum, dit tabac.
Il n’est pas question ici d’évoquer la santé ou de la dépendance ; laissons de côté les débats sur le tabac comme problème ou sur l’idée selon laquelle l’amorce de la dépendance serait facilitée par le monde qui nous est fait – idée intéressante et que l’on peut approuver mais qui ne doit pas mener à penser qu’un monde désirable résoudrait la question du tabac – à la manière de certains marxistes qui, par fainéantise intellectuelle, se bornent à croire que la…
Auteur: dev

