Au moment où les pouvoirs publics sont, de plus en plus, interpellés pour la mise sur pied d’une Stratégie nationale de l’intelligence artificielle (IA) au Cameroun, le titulaire de la Chaire UNESCO d’Afrique centrale Accès-TIC et par ailleurs Représentant-résident de l’Institut africain d’informatique du Cameroun (IAI-Cameroun), Armand Claude Abanda, décline la démarche requise pour son élaboration et son effectivité. Lisez plutôt !
M. le titulaire de la Chaire Unesco d’Afrique centrale Accès-Tic, qu’est-ce qu’il faut entendre par Stratégie nationale de l’IA ?
De manière laconique, une Stratégie nationale de l’IA est un plan que l’État se fixe pour développer et encadrer l’IA dans le pays : formation ; recherche ; lois ; finance, marketing ; énergie ; transport ; tourisme ; usages dans l’administration, la santé, l’agriculture, l’industrie, l’éducation, etc.
Que proposez-vous pour que celle-ci soit réalisée dans les règles de l’art ?
Pour asseoir une bonne Stratégie nationale de l’IA au Cameroun, il faut :
– Commencer par un état des lieux (pour inventorier les compétences, les données qui existent…).
– Consulter tout le monde : gouvernement, universités, entreprises, société civile, politiques, ONG…
– Choisir 2 à 3 priorités réalistes, pas tout à la fois ;
– Mettre en place des règles claires (protection des données, éthique) ;
– Trouver des financements (État, partenaires, secteur privé) conséquents et
– Créer une structure qui suit et évalue l’exécution de la stratégie.
Et qu’entrevoyez-vous pour sa bonne marche ?
Pour son effectivité, je crois, de prime abord, qu’il faut éviter d’écrire un beau document qui va rester dans un tiroir. Il faut, à cet effet, commencer par des projets pilotes concrets et mesurables. Ensuite, former des jeunes Camerounais localement.
Pour sa contextualisation, il faut valoriser des données locales (pas seulement copier ce qui vient d’ailleurs). Il…
Auteur: Pierre Amougou
