Tract de la CGT spectacle du Rhône à l’occasion du 8 mars
Aujourd’hui, au-delà d’être dans la rue, nous sommes en grève car nous partageons la conviction que les violences et les discriminations de genre se jouent non seulement dans nos intimités mais aussi partout où s’exerce l’exploitation.
Depuis plusieurs semaines, le milieu du cinéma est secoué par une vague de dénonciations qui trouve un certain écho. De nombreuses femmes dénoncent depuis des années le sexisme sur les plateaux. On leur oppose au mieux un silence assourdissant, au pire elles sont exclues, leurs carrières annulées, brisées. Ces prises de paroles, courageuses et nécessaires, ne nous font pas oublier les milliers de femmes inconnues qui subissent chaque jour dans l’ombre les pires abjections du patriarcat et qui n’ont ni porte-voix ni soutien, dans leurs boîtes comme dans le huis-clos de leur foyer.
Le cinéma n’est pas une famille mais une industrie capitaliste au sein de laquelle se jouent des rapports d’exploitation et de domination. Nous sommes concernées, comme toutes nos camarades, par les inégalités salariales : elles sont de l’ordre de 16% dans la culture. Ces questions de revenus comme des aménagements spécifiques pour les femmes sont trop souvent reléguées au second plan. Elles sont pourtant fondamentales puisque les femmes sont les premières victimes de la pauvreté. Nous devons faire avec des métiers à dominante masculine (par exemple, il n’y a que 11% de musiciennes dans les musiques actuelles) et donc subir au quotidien une culture sexiste qui agit pour beaucoup d’entre nous comme un véritable bâillon.
Nous devons œuvrer à faire tomber les statues d’un système mortifère. Le mythe du créateur dont on ne pourrait remettre en question le travail est bien ancré dans les manières de travailler comme les discours. Il existe un véritable culte de l’artiste masculin, torturé par des désirs centrés sur la figure de la…
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