Diplomatie de combats. Mémoires
de Jean-Maurice Ripert
Les Presses de la Cité et Perrin, 384 p., 24 €
Dans son introduction, François Hollande, son camarade de promotion à l’ENA, le décrit comme un «sérieux transgressif». Tout au long de sa carrière de diplomate, Jean-Maurice Ripert n’a jamais mis son drapeau dans la poche. « Chez moi, on est de gauche », raconte l’ancien ambassadeur. Son père, agronome et diplomate onusien, l’initie très jeune aux idées politiques, autour du Club Jean-Moulin et de la revue Esprit, cercles incubateurs d’une « social-démocratie à la française» incarnée par Pierre Mendès France. Des «valeurs humanistes», dit-il, dans le droit fil d’une tradition familiale faite de principes catholiques, d’héritage juif et d’éducation anglaise.
Très vite, le jeune diplomate participe à l’élaboration de la politique étrangère de la gauche de gouvernement, auprès de Michel Rocard, Bernard Kouchner et Lionel Jospin. « Un acte militant» revendiqué, qui le verra promouvoir le droit d’ingérence et soutenir les opérations humanitaires de la France, prélude à l’adoption par les Nations unies, en septembre 2005, du concept de « responsabilité de protéger ». En juin 1992, Jean-Maurice Ripert accompagne ainsi François Mitterrand et Bernard Kouchner dans Sarajevo assiégée par les Serbes. Un geste spectaculaire mais révélateur des limites de l’action humanitaire. Au président bosniaque Alija Izetbegovic qui plaide en faveur d’une intervention militaire pour libérer la capitale bosniaque, François Mitterrand oppose son refus d’« ajouter la guerre à la guerre». Il faudra attendre le massacre de Srebrenica, en juillet 1995, pour voir Américains et Européens desserrer l’étau en quelques semaines avec les bombardements de l’Otan.
Sa réputation de « diplomate de gauche » vaudra à Jean-Maurice Ripert de solides…
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Auteur: François d’Alançon

