In our hands is placed a power greater than their hoarded goldGreater than the might of armies, magnified a thousand-foldWe can bring to birth a new world from the ashes of the oldFor the union makes us strongSolidarity foreverSolidarity foreverSolidarity foreverFor the union makes us strong
Ralph Chaplin, « Solidarity forever », 1913-15
Aux États-Unis ? La gauche ? Mais quelle gauche ? Tantôt on pense qu’il n’y en a jamais eu. Tantôt on se laisse aller à se dire que les Démocrates constituent une gauche par défaut face à un Parti républicain de plus en plus à droite, et on n’est pas beaucoup plus avancé.
Dans le monde entier, la gauche est en crise depuis des décennies. Mais, ces dernières années, elle connaît de nouveaux départs, y compris – incroyable mais vrai – aux États-Unis. C’est l’occasion de revenir sur toute une histoire. Celle d’un pays toujours au centre de l’attention et qui reste pourtant si difficile à comprendre, presque mystérieux, y compris pour ses « spécialistes ». Une histoire où la gauche a souvent parue absente : « Pourquoi n’y a-t-il pas de socialisme aux États-Unis ? » demandait déjà le sociologue Werner Sombart au tout début du 20e siècle, alors que l’Europe voyait éclore de grands partis de gauche soutenus par de larges mouvements de lutte. En réalité, la gauche aux États-Unis n’a jamais été absente, elle a été défaite.
Sombart propose une explication en forme d’image : c’est « le rosbif et la tarte aux pommes ». Comprendre : c’est le niveau de vie plus élevé des classes travailleuses du pays, par rapport à l’Europe, qui expliquerait que le socialisme ne devienne pas à l’époque un mouvement de masse Outre-Atlantique. D’autres pensent trouver ailleurs « l’exception » états-unienne, comme Tocqueville, bien avant Sombart, impressionné par la précoce et vivace « démocratie en Amérique ».
Auteur: camille varso
