Convoquée, sanctionnée, suspendue. Quand cette professeure de physique-chimie du lycée Janot-Curie, à Sens (Yonne), répond favorablement à la demande de ses élèves d’organiser une minute de silence pour les victimes à Gaza, elle ne s’attendait pas à subir cette « censure ».
Pour cette minute, tenue pendant la récréation pour ne pas contraindre toute la classe d’y participer si certains élèves ne voulaient pas, le rectorat lui reproche d’avoir manqué à son devoir de neutralité et son devoir de réserve.
« On a considéré que mon geste était partisan. Pourtant, ce n’était que de l’empathie pour toutes ces victimes. Ai-je été sanctionnée pour mon empathie ? », interroge, encore sonnée, l’enseignante. Pour Politis, elle revient sur les événements et analyse la manière dont l’Éducation nationale tente de « museler la liberté pédagogique » sur ce sujet.
Vous êtes visée par une procédure disciplinaire, en plus d’avoir été suspendue de votre établissement, pour avoir organisé une minute de silence pour les enfants morts à Gaza. Que s’est-il passé ?
On prend mes clefs, on me demande de partir. Même mon casier a été remplacé.
Le 18 mars, Israël a rompu le cessez-le-feu. Ce jour-là, il y a eu 400 morts, dont 117 enfants. C’était une journée terrible. Le lendemain, j’ai dit à mes élèves que je me tenais disponible pour en parler avec eux s’ils le souhaitaient. C’est un événement traumatisant. D’autres sont intéressés par l’actualité et y sont sensibles. Un groupe d’élèves m’a dit qu’ils étaient plusieurs à vouloir faire une minute de silence. On l’a fait après la sonnerie marquant la fin du cours, pour ne pas obliger toute la classe à rester si certains élèves ne voulaient pas.
Sur…
Auteur: Hugo Boursier

