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Dans nos sociétés contemporaines, où l’abstraction froide des chiffres et des discours techniques prétend souvent écraser toute forme d’humanité, ce numéro d’été de Politis choisit une voie audacieuse : plonger au cœur des émotions qui agitent la politique. Il s’agit moins de céder à une psychologisation superficielle des luttes que de reconnaître que la politique, au fond, n’est pas qu’une affaire de stratégies ou de calculs rationnels, mais d’expériences vécues, de ressentis puissants et de passions collectives.
Penser la politique sans émotions, c’est oublier que la politique est d’abord une affaire de vies humaines.
Un constat banal pour toute militante ou tout militant, mais qu’il convient de remettre au centre du débat face à l’aseptisation ambiante. Parce qu’il est grand temps de réhabiliter les émotions en politique. Non pas pour en faire un prétexte à l’irrationalité, mais pour affirmer ce que les luttes sociales ont toujours su : la politique est d’abord une affaire de passions, de douleurs partagées et de rêves collectifs. Dans ce monde où le néolibéralisme prétend gérer nos vies à coups d’indicateurs de performance, ce numéro d’été de Politis nous rappelle que la révolution commence dans les cœurs – ou les tripes, c’est selon.
Dans notre imaginaire politique, la raison a souvent été présentée comme la seule voie légitime, tandis que les émotions étaient reléguées au rang de dangers à maîtriser ou à éviter. Pourtant, penser la politique sans émotions, c’est oublier que la politique est d’abord une affaire de vies humaines, de désirs, de souffrances et d’espoirs. À gauche, où l’on revendique la justice sociale et…
Auteur: Pierre Jacquemain

