L’ESSENTIEL
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Le pourboire paraît être un petit geste banal de fin de repas au restaurant. Il révèle pourtant des mécanismes sociaux complexes.
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La recherche en psychologie sociale met en lumière le poids prépondérant des émotions dans cette transaction commerciale.
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L’avènement du terminal de paiement laisse entrevoir un avenir peu radieux pour le pourboire.
Un sourire, un soleil ou un smiley pour quelques euros de plus. En terrasse, un client termine son café. Le serveur apporte l’addition. En bas du reçu, un petit soleil est dessiné à la main. Le client sourit, paie… et laisse un pourboire un peu plus élevé que prévu.
Cette scène paraît anodine. Pourtant, elle intéresse depuis longtemps les chercheurs en psychologie sociale, en économie et en gestion hôtelière. Pourquoi laisse-t-on un pourboire ? Récompense-t-on vraiment la qualité du service ? Ou bien d’autres mécanismes, plus discrets, influencent-ils notre comportement ?
Nos recherches montrent que le pourboire ne dépend pas seulement de la qualité du repas ou de l’efficacité du serveur. Il révèle le poids des émotions, des normes sociales et du travail relationnel réalisé dans les métiers du service.
Mythe du client rationnel
Le pourboire apparaît en Europe au XVIIIᵉ siècle avant de se diffuser dans les cafés, les auberges et les restaurants. Aux États-Unis, il devient progressivement un élément essentiel du salaire des serveurs.
Les économistes Örn Bodvarsson et William Gibson ont considéré le pourboire comme une forme d’évaluation du travail effectué. Le client récompenserait un bon service et pénaliserait une mauvaise prestation. L’idée semble simple : un bon service mérite une récompense. Le client serait capable d’évaluer objectivement la qualité de la prestation. Un serveur attentif, rapide et aimable recevrait davantage de pourboire.
Pourtant, les études menées depuis les années 1970 montrent une réalité…
Auteur: Céline Jacob, Professeure des Universités en Gestion, marketing et influence sociale, Université Bretagne Sud (UBS)
