Le dossier forestier occupe l’actualité québécoise avec une intensité rarement vue. Crise des prix du bois, taxes américaines, pressions autochtones, feux de forêt records, débats sur les aires protégées, réforme suspendue… L’heure n’est plus à la confrontation, mais à la recherche d’une gouvernance renouvelée, plus proche du terrain, plus intelligente collectivement. Et si la solution se trouvait déjà dans nos propres lois ?
La Loi sur le développement durable (LDD), adoptée en 2006, énonce à son article 6 un principe souvent ignoré : celui de subsidiarité, selon lequel « les pouvoirs et les responsabilités doivent être délégués au niveau approprié d’autorité ». Autrement dit, les décisions devraient être prises le plus près possible de ceux qui vivent les conséquences de ces décisions. Ce n’est pas un simple souhait — c’est un principe directeur pour toutes les politiques publiques québécoises, y compris la gestion des forêts, qui couvrent plus de 50 % du territoire.
Appliquer ce principe à la gestion forestière serait un pas décisif vers une gouvernance réellement durable. D’abord, parce que nos forêts ne sont pas uniformes : elles diffèrent profondément entre la Côte-Nord, l’Abitibi ou le Bas-Saint-Laurent. Une approche centralisée, dictée depuis Québec, ne peut répondre à cette diversité écologique et sociale. La subsidiarité permettrait à chaque région de planifier selon ses réalités : feux de forêt plus fréquents, insectes ravageurs, emplois à préserver, biodiversité à protéger.
Ensuite, ce principe favorise la participation des communautés locales et autochtones, en cohérence avec les autres principes de la LDD : participation citoyenne, équité et solidarité. Les peuples autochtones, les municipalités, les communautés forestières, les coopératives forestières, les chercheurs et les entreprises locales ont tous une part du savoir et du vécu nécessaires à une gestion plus fine. Trop souvent, les décisions sont imposées d’en haut, suscitant méfiance et…
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