Les insectes sont indispensables à notre survie sur terre. Pourtant, depuis une cinquantaine d’années, on constate que leurs populations diminuent, et cela de plus en plus rapidement. Il est très difficile de s’en rendre compte, essentiellement car on les connaît très peu, et on les observe très peu.
Beaucoup de monde s’inquiète de la disparition des gorilles, des baleines ou des ours blancs : ils sont connus, ils sont les héros de nos dessins animés, on parle d’eux souvent.
Au contraire, les insectes ne nous plaisent pas et on en perçoit surtout leurs aspects négatifs : piqûres de moustiques ou invasion de fourmis dans la maison ou sur la table de pique-nique.
Pourtant, si on a la chance de visiter une région où les insecticides sont peu utilisés, on est frappés par l’abondance des insectes, mais aussi des hirondelles et des lézards par exemple.
Des études alarmantes
Dans des régions où on a pu mesurer, année après année, l’abondance des insectes, la baisse des populations est frappante : par exemple, une étude en Allemagne dans les zones protégées (réserves naturelles, parcs nationaux) montre que la biomasse d’insectes (si l’on pèse tous les insectes du milieu) a diminué de 75 % ces dernières années, et cela malgré les actions de protection, ce qui prouve que leur nombre a aussi beaucoup diminué.
Une autre étude met en évidence que 55 % des pollinisateurs (abeilles (y compris les bourdons), syrphes (pollinisateurs de la famille des mouches), papillons) ont disparu de Grande-Bretagne depuis 1980, et 50 % des insectes volants des lacs américains depuis le début des années 2000.
Il est difficile d’évaluer exactement la diminution des populations, car pour le faire il faudrait que quelqu’un, autrefois, ait évalué les populations de toutes les espèces d’insectes dans une zone pour pouvoir comparer à ce que nous avons aujourd’hui dans la même zone. Cela n’a été fait que dans…
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Auteur: Joan van Baaren, Professeure en écologie, Université de Rennes 1 – Université de Rennes

