Très tôt, à l’école, on apprend à compter et à maîtriser des concepts mathématiques parfois complexes. Est-on pour autant capable, dans la pratique, de comprendre des notions élémentaires en finance ou de s’orienter dans l’offre bancaire ? La mise en place d’une éducation spécifique à ces questions n’est-elle pas un enjeu d’égalité ?
Selon la Banque de France, 41 % des Français estiment ne pas disposer d’informations suffisamment fiables et neutres pour gérer efficacement leur budget, 69 % jugent leurs connaissances moyennes ou faibles sur les questions financières et 80 % considèrent qu’une éducation financière est nécessaire à l’école.
Depuis 2016, à l’instar de 70 autres pays, la France s’est dotée d’une stratégie nationale d’éducation économique, budgétaire et financière (Educfi). Concrètement, chaque année, une semaine de sensibilisation est organisée à l’échelle internationale par l’OCDE, et la Banque de France en est le relais français.
Dans les collèges, le passeport Educfi s’adresse aux élèves de quatrième, SEGPA, troisième, prépa-métiers et voie professionnelle. Mais face aux défis de notre société, ces dispositifs sont-ils suffisants ?
Qu’est-ce que l’éducation financière ?
L’éducation financière, (également appelée littératie financière), consiste à savoir gérer son budget, comprendre ce qu’implique un crédit, adopter les bons réflexes contre les arnaques, maîtriser la sécurité de ses moyens de paiement, optimiser son épargne et ses investissements et, cela, tout au long de sa vie.
Ces compétences sont un vecteur d’émancipation citoyenne et d’autonomie, elles permettent aux jeunes de mieux anticiper les aléas de la vie (chômage, dettes, imprévus). Le manque d’éducation financière est identifié comme un facteur de vulnérabilité face au crédit facile, au découvert bancaire ou aux arnaques numériques.
En 2023, sur la…
Auteur: Éric Le Fur, Professeur, INSEEC Grande École

