Marianne Durano a élu domicile dans un écolieu. Ce collectif de huit familles, dont de nombreux enfants, s’essaie à un mode de vie plus sobre, plus démocratique et plus libre. “Naître ou le néant”, sous-titré “Pourquoi faire des enfants en temps d’effondrement ?” est son deuxième livre, après “Pourquoi mon corps ne vous appartient pas ?” Si le premier abordait le féminisme et le corps, le second se consacre à l’engendrement et à sa pertinence dans un monde qui s’effondre.
La Relève et La Peste : Comment en êtes-vous venue à écrire ce livre ?
Marianne Durano : Autour de moi, tous les trentenaires s’interrogent sur le sens qu’il y a à mettre au monde des enfants dans cette société qui va dans le mur sur le plan écologique et social. J’ai 4 enfants et souvent on me demande pourquoi puisque je suis écolo. Ce livre est une réflexion sur ce sujet.
LR&LP : Alors, peut-on raisonnablement mettre au monde des enfants ?
Marianne Durano : Il faut distinguer deux questions : celle de la démographie au regard des ressources et celle de notre responsabilité pour le bien des enfants à venir.
La première se règle assez facilement car la majorité des économistes sont d’accord pour dire que le problème n’est pas la quantité de ressources mais l’inégalité de leur répartition. Par ailleurs, tout le monde n’est pas non plus à égalité dans la responsabilité face aux désordres climatiques.
Aujourd’hui les pays les plus riches sont ceux qui font le moins d’enfants et ceux qui polluent le plus.
Les 3 milliards d’individus les plus pauvres de la planète, soit 45 % de la population mondiale, contribuent à seulement 7 % des émissions de gaz à effet de serre (Rapport Oxfam “Combattre les inégalités des émissions de CO2”, 2020, ndlr). Et à l’inverse, les 7 % les plus riches, eux, sont responsables de 50 % des émissions de gaz à effet de serre.
Le collectif Yacht CO₂ tracker a évalué le…
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Auteur: Isabelle Vauconsant

