**La baisse de la natalité touche les cinq continents, de façon différente mais massive. Quelles en sont les origines ? Les politiques publiques peuvent-elles contrer cette tendance ou sont-elles condamnées à l’impuissance ? À la lumière d’exemples du monde entier, Pauline Rossi éclaire cette transition et démystifie l’idée d’une situation démographique optimale.
Cet article est publié en partenariat avec le Cercle des Économistes dont le numéro 5 de la revue Mermoz a pour objet « Démographie la transition silencieuse ».**
Dans quel cadre mondial s’inscrit la baisse de la natalité observée en France ? Quelles sont les grandes tendances qu’on observe en matière de démographie ?
La baisse de la natalité est un phénomène que l’on observe partout dans le monde aujourd’hui. En Afrique subsaharienne, la baisse est plus lente, et ce continent reste l’unique région où la croissance démographique continue fortement, représentant environ 80 % de l’accroissement démographique mondial d’ici à la fin du siècle. Ailleurs, la natalité est souvent inférieure à 2 enfants par femme. En Asie de l’Est, notamment en Chine, au Japon et en Corée, ainsi qu’en Europe de l’Est et du Sud, les taux de natalité sont extrêmement faibles et le déclin de la population a déjà commencé. Des pays comme la France, les pays scandinaves, ou encore les États-Unis maintiennent des taux de natalité un peu plus élevés. Cependant, selon l’Insee, en France, à partir de 2035 environ, le nombre de décès devrait dépasser celui des naissances.
Que nous enseignent ces pays plus « avancés » dans leur vieillissement ?
Dans les pays d’Asie de l’Est, cela fait plusieurs décennies que le taux de fécondité est inférieur au seuil de remplacement des générations. Une fois que la natalité atteint un seuil très bas – proche de 1 enfant par femme – il semble difficile de la faire remonter. Ces pays sont…
Auteur: Pauline Rossi, Professeur d’Economie, ENSAE ParisTech

