Inhalées, ingérées, appliquées sur la peau… Les huiles essentielles agrémentent le quotidien de nombreuses personnes. Pourtant, ces substances ne sont pas anodines. Des travaux récents démontrent notamment que certaines d’entre elles, comme les huiles essentielles de cannelle et de citronnelle, peuvent interférer avec l’usage des antibiotiques.
La résistance des bactéries aux antibiotiques, ou antibiorésistance, est un sujet d’inquiétude majeur, au point que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a adopté un plan d’action mondial pour combattre ce fléau,
Mais la mise au point de nouveaux antibiotiques destinés à remplacer ceux devenus inefficaces n’est pas si simple, pour plusieurs raisons, toujours selon l’OMS : manque d’investissements privés, innovation en berne, produits en développement n’apportant pas suffisamment d’avantages par rapport aux antibiotiques existants, développement trop rapide de résistances bactériennes…
Dans un tel contexte, on constate un intérêt pour l’exploration de certains traitements traditionnels basés sur des substances perçues comme « naturelles », non seulement de la part de la communauté scientifique, mais aussi du personnel soignant et de la population générale.
Les huiles essentielles retiennent notamment l’attention, car un certain nombre d’entre elles sont dotées de propriétés antimicrobiennes. Un constat qui fait s’interroger sur la possibilité de les utiliser seules ou en association avec des antibiotiques.
Toutefois, comme souvent, la réalité est complexe et, au-delà de la question de leur efficacité réelle, certaines d’entre elles peuvent interférer avec l’usage des antibiotiques, comme l’ont montré nos travaux menés sur la bactérie pathogène Pseudomonas aeruginosa. Explications.
Les huiles essentielles, efficaces contre les bactéries ?
Selon une revue de la littérature scientifique publiée en 2019, sur les quelques…
Auteur: Catherine Llanes, Professeur en microbiologie, Université Marie et Louis Pasteur (UMLP)

