Mes enfants me challengent, ils vont planter des arbres au Pérou.
Un titre émouvant pour annoncer la couleur, et roulez jeunesse !Vous vous demandez peut-être ce qu’il vous arrive ? C’est simple : vous vous êtes retrouvé-e, par je ne sais quel coup du sort, sur le site internet de Madame Figaro. Vous vous apprêtez à lire un article inspirant sur une certaine Mathilde Thomas. Le chapô la présente :
Fondatrice de Caudalie, elle pratique l’engagement comme elle a créé sa marque cosmétique : avec expertise et exigence.
N’hésitez pas à relire à volonté. Bien. Elle pratique donc l’engagement comme elle a créé sa marque cosmétique : avec expertise et exigence. En quoi ça consiste exactement, pratiquer l’engagement ? Avec expertise et exigence, d’accord. Mais pratiquer l’engagement, kézako ?
Je suis bien incapable de répondre à cette question, et pourtant, à en croire ma bulle de filtres, il semblerait que cette langue au chat n’engage que moi. L’engagement est partout. La jeunesse est intarissable d’engagements. Les artistes sont salué-es pour leurs engagements. Les entreprises sont toutes plus engagées les unes que les autres. On achète des vacances engagées, en écoutant de la musique engagée. On mange des légumes engageants, qui font de nous des consomm’acteurs et des consomm’actrices responsables… C’est-à-dire : engagé-es.
L’engagement s’est imposé comme l’alpha et l’oméga, le mot-clé un peu cool ou du moins rassurant pour tenter sa chance. Qu’il s’agisse de rafler les appels à projet ou de déculpabiliser les consciences consommatrices, l’engagement est une VTT (valeur tout terrain), comme un synonyme de « faire le bien ». Ça vous va comme ça ? Moi non ! Alors, où est le problème ?
Ni queue ni tête
D’abord, ça ne veut pas dire grand-chose. « Engager », ou « s’engager » peut avoir plusieurs sens. On peut engager la conversation ou un match de football : l’engagement…
La suite est à lire sur: www.frustrationmagazine.fr
Auteur: Camille Lizop

