À l’heure où l’on écrit ces mots, on compte plus de 1 000 morts au Liban et plus d’un million de déplacés. Les bombardements israéliens ciblent le sud de Beyrouth et toutes les nuits, les Libanais observent le ciel et se demandent si les missiles qu’ils voient passer viennent frapper leurs villes ou sont à destination de Téhéran ou Tel Aviv. Les bombes au Liban, ce n’est pas une nouveauté spécifiquement quand c’est Israël qui les largue. Si dès sa première arrivée au pouvoir en 1996, Benyamin Netanyahou s’est opposé à toute forme de négociation avec la diplomatie palestinienne, c’est car ses objectifs coloniaux ne s’arrêtent ni à la bande de Gaza ni à la Cisjordanie.
Eretz Israël (le Grand Israël) , un État dans les dimensions des prétendus royaumes de la Bible, est un fantasme historique du nationalisme sioniste. Ce territoire s’étend, selon la formule biblique, « du fleuve d’Égypte à l’Euphrate » : il inclut la Cisjordanie occupée, une partie de la Jordanie et de l’Égypte… mais aussi un morceau du Liban.
Pourquoi ce projet du Grand Israël ressurgit-il avec une telle brutalité aujourd’hui ? D’abord, parce que depuis 2022, la coalition au pouvoir de Benyamin Netanyahou inclut une aile ultra-religieuse incarnée par Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, qui n’hésitent pas à le revendiquer ouvertement. À Jérusalem, Smotrich haranguait ses partisans : « Est-ce qu’on a peur du mot occupation ? Non ! » Le 23 mars 2026, depuis la Knesset, Smotrich a déclaré à la radio que la campagne militaire au Liban devait « se terminer avec une réalité complètement différente, à la fois concernant le Hezbollah et le changement des frontières d’Israël ». Et d’enfoncer le clou…
Auteur: Rédaction

