Pourquoi “j’assume mes responsabilités” est le slogan des irresponsables

C’est l’hymne de notre époque. Tout homme politique un jour au pouvoir l’a utilisé. Face à une loi controversée, « j’assume des responsabilités ». Face à un mouvement social « j’assume mes responsabilités ». Face à un bilan contestable, il devient de plus courant d’entendre tout simplement « j’assume ». Emmanuel Macron est un amateur patenté de cette expression qu’il utilise environ tous les trois mois. Le dictionnaire Larousse nous donne la définition suivante : Assumer c’est « se considérer comme solidaire d’un état, d’une situation, d’un acte et en accepter les conséquences. Exemple : “ Assumer pleinement ses origines bourgeoises. »

Clairement, Macron correspond à l’exemple donné par le dictionnaire. En revanche, peut-on dire qu’il accepte les conséquences de ses décisions ? Oui, puisqu’il n’y en a aucune. La Ve République contemporaine est un régime d’inspiration vaguement démocratique qui n’offre aucune possibilité aux citoyens de contrecarrer de quelconque manière que ce soit ceux qui disposent du pouvoir exécutif. Aussi, Macron n’assume en général rien du tout, puisqu’il ne risque ni destitution (contrairement à un président États-Unien, par exemple), ni obstacle, hormis quelques (rares) censures du Conseil Constitutionnel (dont lui et ses proches nomment les membres). Assumer sans assumer quoi que ce soit, il en avait fait une belle démonstration au début de l’affaire Benalla, cet homme de confiance du président qui s’était déguisé en policier pour aller casser du manifestant, en mai 2018. Macron s’était exclamé, bravache mais entouré de ses proches et de ses gardes du corps, “S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher”. En sachant pertinemment que ça n’arriverait pas…

Mais il parlait un peu vite, puisqu’il a failli, quelques mois plus tard, être mis face aux conséquences de ses actes. C’est le…

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Auteur: Nicolas Framont