Pourquoi Kaliningrad est russe ? L’histoire mouvementée de l’enclave qui inquiète l’Otan

Devant le forum de Valdaï jeudi 1er octobre, Vladimir Poutine a averti que la Russie pourrait recourir à « tous les types d’armes », nucléaires compris, si l’Otan attaquait Kaliningrad, tout en assurant n’avoir « pas l’intention d’attaquer qui que ce soit ». Quelques jours plus tôt, l’Alliance atlantique avait condamné la « rhétorique nucléaire irresponsable » d’un document de Moscou dénonçant des « provocations » autour de l’enclave. Cette nervosité intervient alors qu’un hélicoptère russe Mi-8 a pénétré la semaine dernière dans l’espace aérien polonais, près de Kaliningrad.

L’origine de l’enclave remonte à 1255. Les chevaliers teutoniques, d’origine germanique, bâtissent un château sur l’estuaire du fleuve de la Pregolia et nomment la place « Königsberg », la « montagne du roi », en l’honneur d’Ottokar II de Bohême, roi venu guerroyer dans la région. Pendant près de sept siècles, la cité demeure allemande.

Staline obtient son « tribut de guerre » en 1945

Tout bascule avec la Seconde Guerre mondiale, quand en 1943, à Téhéran, Staline réclame le nord de la Prusse-Orientale comme « tribut de guerre ». C’est une réparation pour les 20 millions de morts soviétiques, mais aussi un accès à des ports libres de glace toute l’année, ce que Leningrad n’offre pas. Le 9 avril 1945, Königsberg, la capitale de la Prusse-Orientale ravagée par les bombardements, tombe aux mains de l’Armée rouge. En 1946, elle devient Kaliningrad, du nom de Mikhaïl Kalinine, dignitaire soviétique qui vient de mourir.

Juridiquement, l’affaire est moins simple. À Potsdam, en août 1945, les vainqueurs confient le nord de la Prusse-Orientale à l’administration soviétique en attendant un règlement de paix. C’est donc un simple communiqué et non un traité. Dès 1948 toutefois, les Allemands qui n’ont pas fui, environ 100 000 encore…

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Auteur: Margaux Acosta