Et si les jeux vidéo pouvaient éclairer la géopolitique ? En évoluant dans Fortnite, dans League of Legends ou encore dans Minecraft, les joueurs mettent en pratique sans le savoir les grandes idées des relations internationales. Ce politologue passionné de gaming en a fait un livre.
Charlemagne, roi des Francs, devenu maître du territoire correspondant aux États-Unis d’aujourd’hui, s’apprêterait désormais à étendre ses frontières en envahissant les pays voisins.
Je ne suis pas historien mais cet exemple me semble parfaitement logique, à la fois en tant que joueur et en tant que professeur de relations internationales. C’est un scénario tout à fait envisageable dans le nouveau jeu vidéo Civilization VII, ou Civ 7, où des personnages historiques peuvent gouverner des peuples très éloignés – dans le temps comme dans l’espace – de ceux qu’ils ont réellement dirigés dans l’Histoire. Dans notre cas, Charlemagne est mécontent du petit empire que vous-même contrôlez aux marches du sien, à cause de tensions à la frontière commune, et il est fort probable qu’il vous envahisse prochainement.
J’ai joué assidûment à des jeux comme Civ 7 toute ma vie. J’ai tendance à privilégier les simulations de stratégie, qu’il s’agisse de jeux vidéo, de cartes, de plateau ou de rôle. Et je suis loin d’être seul. On estime que 190,6 millions de personnes jouent régulièrement à des jeux vidéo, sous une forme ou une autre, aux États-Unis.
Si je joue avant tout pour le plaisir, ces jeux nourrissent aussi la discipline que j’enseigne. J’ai d’ailleurs récemment publié un livre, The Gamer’s Guide to International Relations, qui montre comment certains des titres les plus populaires contiennent des leçons utiles pour comprendre le fonctionnement de la diplomatie et les interactions entre nations.
Auteur: Michael A. Allen, Professor of Political Science, Boise State University

