Alors qu’approchent les élections européennes, les 8 et 9 juin prochain, la plupart des dirigeant·es européen·nes nous jouent une fois encore la sérénade de l’ « Europe sociale ». En France, on a vu aussi bien Raphaël Glucksmann (tête de liste du PS), Valérie Hayer (Renaissance) ou Marine Le Pen (FN/RN) nous faire la promesse, main sur le coeur, que s’ils·elles étaient élu·es, cette vieille promesse deviendrait enfin réalité.
Cette « Europe sociale » est pourtant à l’exact opposé de l’Europe capitaliste, bien réelle, que les classes dirigeantes du Vieux continent ont imposée aux peuples et aux travailleurs·ses depuis des décennies. Elles l’ont fait y compris en s’asseyant sur le vote des populations (référendums sur le Traité constitutionnel européen en France et aux Pays-Bas en 2005) ou en imposant à des gouvernements des politiques contraires à celles pour lesquelles ils avaient été élus (cas de la Grèce en 2015).
Dans cet article, l’historienne Aurélie Dianara revient sur le projet d’ « Europe sociale », développé en particulier par les social-démocraties européennes dans les années 1970, sur des bases nettement plus à gauche que ce qu’avancent tous les défenseurs actuels de l’ « Europe sociale ». Elle examine en outre les raisons pour lesquelles la Communauté Économique Européenne (devenue plus tard Union européenne) s’est bâtie sur l’abandon de ce projet.
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L’année dernière, en vue des prochaines élections européennes, un groupe d’éminent.e.s intellectuel.les français.es de gauche, dont Thomas Piketty et Julia Cagé, ont publié un manifeste affirmant qu’une nouvelle dynamique politique avait émergé en faveur d’une transformation sociale et écologique progressive de l’« Europe ». Les crises sanitaire, climatique et géopolitiques ont – selon les auteur.ices – forcé l’Union européenne (UE) à ouvrir des brèches dans ce…
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Auteur: redaction

