Saviez-vous que la moitié des plantes présentes à la Réunion ont été introduites par l’humain, pourtant arrivé tardivement sur l’île, au 16ème siècle ? Mais alors comment et pourquoi certaines espèces sont arrivées et pas d’autres ?
C’est justement la question que cherche à élucider une équipe de cinq chercheurs internationaux à l’Université de Paris-Saclay, l’Océan Université de Chine et l’institut de la recherche en biodiversité de Berlin. Cela fait longtemps que les humains déplacent les espèces à travers le monde et que les scientifiques étudient les conséquences de ces déplacements. Ils ont ainsi pu estimer que 37 000 espèces non-natives sont déjà présentes à travers le monde, dont 200 nouvelles espèces documentées chaque année, causant 1215 extinctions locales.
L’humain est de fait le vecteur clef de l’introduction des espèces non-natives à travers le monde, et ce dans tout le vivant, qu’il rampe, qu’il grimpe, qu’il nage ou qu’il vole. Les oiseaux ne sont ainsi pas épargnés par les déplacements de l’humain, qui a joué un rôle déterminant dans la structuration des communautés d’oiseaux insulaires. Quand les espèces natives ont mis des millions d’années à s’adapter à ces environnements si particuliers sous l’effet de contraintes climatiques, géologiques et environnementales, en quelques centaines d’années on assiste à un changement drastique de la composition de ces communautés. Les nouvelles communautés d’oiseaux sur les îles sont différentes à la fois en termes de caractéristiques écologiques et de la généalogie de ces espèces introduites, sous l’effet des pressions générées par l’arrivée de l’humain.
Mais quels sont les facteurs qui expliquent que certaines îles vont abriter plus d’espèces non-natives que d’autres ?
La biodiversité des îles : un domaine qui questionne depuis Darwin
Depuis Darwin, cette question relative à…
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Auteur: Céline Bellard, Chercheure CNRS en Ecologie, Université Paris-Saclay

