1 – Un programme politique “communiste” qui n’effraie plus le bourgeois
Longtemps, le Parti Communiste a incarné les intérêts de la classe laborieuse face à ceux de la bourgeoisie. Mais ça, c’était avant.
Sur le papier, le programme du Parti Communiste n’est pas révolutionnaire mais il porte sérieusement atteinte à la grande marche néolibérale. En effet, il contient une hausse du SMIC, le retour à la retraite à 60 ans, plusieurs grandes nationalisations. De quoi donner de sévères coups à la fuite en avant actuelle, ce qui devrait refroidir les ardeurs de ceux qui célèbrent son candidat à la télévision. Pourquoi n’ont-ils pas plus peur de ce terrifiant programme ?
Sans doute parce que Fabien Roussel tient un tout autre discours lors de ses passages médiatiques et qu’il n’a de cesse de rassurer les possédants sur ses intentions. Ainsi, en août dernier, il se défendait de vouloir « chasser les grandes fortunes » en les taxant trop. « Ils sont très intelligents, disait-il au sujet des grandes fortunes, ils ont créé, inventé, et ne pourront refuser un pacte pour la jeunesse, de participation à l’amélioration du système éducatif et d’augmentation des salaires ». On se demande bien ce que nos riches possédants, majoritairement héritiers, ont « créé » et « inventé » pour mériter de tels égards, mais Roussel ne le sait sans doute pas non plus : il se contente de répéter le discours dominant, à rebours de ce qu’on pourrait attendre d’un représentant des travailleurs.
Il faut dire qu’il a intérêt à rester poli puisque le « pacte » avec les possédants est au cœur des discours de Roussel, qui compte faire la même chose que Taubira ou Jadot sur la question des bas salaires : « ouvrir des négociations sur le sujet avec les salariés et le patronat, branche par branche » annonçait-il en octobre dernier. La négociation branche par branche, une méthode que ne désapprouve pas…
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Auteur: Frustration

