« L’airbus du solaire » finit dans le mur. Le 19 mai, le président de l’entreprise Carbon, Antoine Saint-Martin, a annoncé dans un communiqué l’abandon pur et simple de ce projet de méga-usine solaire, en liquidation judiciaire depuis le 13 mai. Annoncé en 2022, Carbon représentait un espoir de relance de la fabrication de panneaux solaires en France, dans un contexte où la majorité de ceux importés et installés en Europe viennent de Chine.
Le projet prévoyait de produire des panneaux photovoltaïques à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) à partir de la matière première — le polysilicium — en intégrant toutes les étapes, de la fabrication des cellules à l’assemblage du module solaire.
Pilier de la réindustrialisation verte portée par Emmanuel Macron en 2023, et labellisé projet industriel d’intérêt national majeur, Carbon annonçait la création de 3 000 emplois directs et avait même obtenu son permis de construire en 2025. Sauf qu’un an plus tard, patatras, tout s’arrête.
Le manque d’un « véritable marché photovoltaïque européen »
Dans son communiqué, Carbon explique que « cette décision difficile reflète l’absence, à ce stade, des conditions nécessaires à l’émergence d’un véritable marché photovoltaïque européen permettant de sécuriser la poursuite du projet ». Avec l’arrêt de l’usine, c’est aussi le Carbon Lab, un centre de recherche et développement prévu à Miramas avec 200 emplois potentiels qui s’évapore.
Le projet reposait sur un pari : investir plus de 1,5 milliard d’euros sur quatre ans pour relocaliser toutes les étapes de la production, hors extraction, en France tout en bénéficiant de règles européennes plus protectionnistes. Pour y parvenir, Carbon avait reçu des soutiens publics, 4 millions d’euros de l’État dans son capital, 2,9 millions de financements participatifs et jusqu’à 15 millions de la région…
Auteur: Elsa Souchay

