C’est une disparition inquiétante. Un an après son adoption à l’unanimité par les députés, la proposition de loi visant à réduire les effets environnementaux de l’industrie textile — dite « anti-fast-fashion » — n’est toujours pas passée devant les sénateurs. Le texte prévoit notamment des amendes pour pénaliser les produits extrêmement polluants, de récompenser les entreprises vertueuses et d’interdire la publicité pour « l’ultra-fast-fashion ». Alors que le Sénat devait l’examiner à partir du 26 mars, la proposition de loi ne figure finalement pas à l’agenda et le gouvernement ne l’a pas inscrite à l’ordre du jour du Palais Bourbon. Où est-elle passée ?
Ce retard s’explique par de multiples causes, dont la frilosité du gouvernement et le lobbying des marques de « mode jetable » type Shein, qui a embauché d’anciennes figures politiques comme Christophe Castaner.
La coalition Stop fast-fashion, à laquelle participent Les Amis de la Terre, Emmaüs France et six autres ONG, compte bien la faire sortir des tiroirs. Elles ont déposé 10 tonnes de déchets textiles devant le Sénat vendredi 14 mars au matin. « On a besoin d’une image forte pour interpeller les pouvoirs publics, cette loi qui serait une première mondiale permettrait de lutter contre un système de production délétère, à la fois pour la santé des travailleurs et l’environnement », indique Tarek Daher, délégué général d’Emmaüs France. Il rappelle qu’« avec 150 milliards de vêtements produits chaque année, l’industrie textile mondialisée représente 10 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, c’est plus que le trafic aérien et maritime réuni ».
Shein mobilise ses réseaux
Le texte, porté par la députée (Horizons) Anne-Cécile Violland et soutenu par Christophe Béchu puis Agnès Pannier-Runacher — actuelle ministre de la Transition écologique — semblait pourtant…
Auteur: Jeanne Cassard

