Si la durabilité est si difficile à mettre en œuvre dans les entreprises, ce n’est pas seulement une question de volonté individuelle ou de structures inadaptées. Le problème se joue dans la manière dont les pratiques de durabilité prennent forme, se déploient et se transforment au quotidien.
Aujourd’hui, la durabilité est à la fois largement reconnue et de plus en plus contestée. D’un côté, les effets du changement climatique sont visibles, et de nombreux acteurs économiques et sociaux reconnaissent la nécessité d’agir. De l’autre, certaines décisions politiques, comme le retrait des États-Unis de plusieurs accords climatiques sous l’administration Trump, illustrent une remise en cause explicite de ces engagements.
Réduire les difficultés de la durabilité à ces oppositions visibles serait trompeur. Le problème se pose aussi, et peut-être surtout, là où la durabilité est officiellement soutenue : dans de nombreuses entreprises, des équipes spécialisées existent, des objectifs sont fixés et la direction affiche son engagement.
Problématiques silos
Les explications avancées pour comprendre cet écart entre intentions et résultats reviennent le plus souvent à deux facteurs. D’une part, l’organisation du travail en silos – structurée par fonctions ou départements relativement autonomes, chacun poursuivant ses propres objectifs, indicateurs et priorités – difficilement conciliable avec les exigences transversales de la durabilité. D’autre part, la résistance des individus : manque d’adhésion, inertie, priorités concurrentes, habitudes difficiles à changer.
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Auteur: Lucas Amaral, Associate Professor, IÉSEG School of Management

