Pourquoi la transition écologique est-elle si difficile à gouverner ?


L’ESSENTIEL

  • Les actions mises en place pour faire face au changement climatique et à l’effondrement de la biodiversité sont aujourd’hui insuffisantes.

  • Il est facile de pointer le manque de volonté politique pour l’expliquer, mais ce n’est pas suffisant.

  • La nature des transformations à conduire et les conditions dans lesquelles les démocraties contemporaines doivent les organiser sont aussi à prendre en compte. Comprendre ces contraintes permet de saisir la raison pour laquelle la transition écologique appelle de nouvelles façons de gouverner.


Les alertes environnementales sont aujourd’hui largement relayées par les institutions scientifiques internationales. Mais reconnaître un problème ne suffit pas à le résoudre.

Au cours des trois dernières décennies, de nombreux pays ont adopté des politiques destinées à lutter contre le changement climatique ou l’érosion de la biodiversité. Les évaluations conduites aussi bien au niveau international – notamment dans le cadre du premier Global Stocktake (bilan mondial quinquennal) de l’accord de Paris (art. 14) – qu’au niveau national par des institutions indépendantes, comme le Haut Conseil pour le climat en France ou le Climate Change Committee au Royaume-Uni, dressent un constat convergent : malgré des progrès réels, les politiques mises en œuvre demeurent insuffisantes pour atteindre les objectifs affichés.

Ce décalage est souvent attribué à un manque de volonté voire de courage politique. Séduisante ; l’explication n’en reste pas moins incomplète.

Des politiques de transformation plus que de correction

Les premières politiques environnementales visaient principalement des pollutions localisées (rejets industriels dans l’eau ou dans l’air) ou des usages techniques bien circonscrits, comme le plomb dans l’essence ou les chlorofluorocarbures (CFC) longtemps utilisés dans les climatiseurs, bombes aérosols ou réfrigérateurs et…

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Auteur: Guy Richard, Directeur de l’expertise scientifique collective, de la prospective et des études à l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), Inrae