En matière de RSE et de préservation de la nature, l’accent est surtout mis sur la transparence des actions. D’où une multiplication des informations qui n’est peut-être pas le meilleur levier pour atteindre les objectifs annoncés. Bonne nouvelle : des moyens pertinents existent.
La transparence des entreprises pourrait-elle être l’une des solutions pour limiter le changement climatique ? Ou, à tout le moins, serait-elle un moyen de tenir les entreprises responsables de leur impact sur l’environnement ? 94 % des investisseurs eux-mêmes doutent de la validité des rapports sur le développement durable des entreprises, qui utilisent quantité d’affirmations non étayées selon le « Global Investor Survey 2023 » de PwC. Et leur scepticisme n’est pas infondé, selon l’étude que nous avons menée et récemment publiée.
En effet, si la transparence des entreprises est une première étape stratégique vers une économie plus durable, elle ne suffira pas à elle seule à obtenir des résultats positifs en matière d’impact des entreprises sur nos écosystèmes. Pour que le changement se produise réellement, trois conditions sont nécessaires : lier les actions des entreprises à leur impact sur l’environnement, prendre en compte les effets des opérations quotidiennes sur la nature et aligner les incitations financières et les objectifs écologiques.
Des débuts timides
Même si l’on observe une pression croissante en faveur des réglementations relatives à la prise en compte des écosystèmes naturels – en particulier sur les déclarations (disclosures) s’y rapportant – les entreprises commencent tout juste à fournir des informations sur leurs performances, leurs impacts et leurs risques en lien avec la nature. C’est l’essence même de la règlementation SFDR – Sustainable Finance Disclosure Regulation qui est entrée en vigueur en 2021 et de la directive CSRD – Corporate Sustainability Reporting…
Auteur: Madlen Sobkowiak, Associate Professor in Social and Environmental Accounting, EDHEC Business School

