Lorsqu’il s’agit d’illustrer ou d’incarner la lutte contre les pesticides, médias et militants choisissent souvent l’abeille. Pourtant beaucoup d’autres espèces sont vulnérables. Alors pourquoi cette focalisation sur un insecte en particulier ?
La lutte contre les pesticides, cet ensemble de produits utilisés pour tuer insectes, bactéries, champignons et autres organismes dits « nuisibles », semble depuis quelques années avoir trouvé sa figure emblématique : l’abeille.
Et alors qu’aujourd’hui de nombreuses décisions d’interdiction, dérogation et réautorisation des pesticides, notamment des néonicotinoïdes et autres insecticides systémiques, sont discutées, on voit en parallèle un regain d’intérêt social, politique et médiatique autour du symbole emblématique des abeilles.
En effet, l’abeille bénéficie d’un institut de recherche appliquée qui lui est consacré, elle inspire des fêtes d’associations locales tout comme des noms de marques dans des domaines très variés : Taxi Abeilles, Abeille Assurance, boulangerie L’Abeille, les Abeilles International…
Sur le plan médiatique, une étude parue en 2021 portant sur la publication d’articles liés aux pesticides en Une des quotidiens nationaux français montre qu’il s’agit de l’animal le plus représenté, à travers des images ou des titres. Enfin, lorsque des associations naturalistes et écologistes manifestent contre les pesticides, elles mobilisent souvent le motif de l’abeille dans des pancartes ou des déguisements.
Mais d’où vient donc cette focalisation sur cet insecte en particulier ? Et surtout, a-t-elle de possibles effets négatifs, alors que les pesticides nuisent à une multitude d’espèces et polluent les milieux terrestres, aquatiques et aériens ?
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Auteur: Nataly Botero, Enseignante-chercheure en sciences de l’information et de la communication, Université Paris-Panthéon-Assas

