Pourquoi l’Assemblée générale de l’ONU reste essentielle

Avant la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale, ONU Info s’est entretenu avec Richard Gowan, directeur chargé de l’ONU et de la diplomatie multilatérale à l’International Crisis Group à New York. Depuis des années, cet analyste observe l’Organisation, ses avancées comme ses blocages.

De la Guerre froide à la décolonisation, de la crise financière mondiale aux nouveaux forums diplomatiques, il revient sur les moments qui ont façonné l’Assemblée générale et explique pourquoi, malgré les divisions actuelles, elle reste une pièce maîtresse de la diplomatie internationale.

ONU Info : Revenons en 1945, au moment de la création de l’ONU au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Qu’espéraient les fondateurs pour l’Assemblée générale ?

Richard Gowan : Je pense qu’en 1945, les fondateurs de l’ONU supposaient que le Conseil de sécurité serait le centre névralgique de la plupart des prises de décision. Mais une fois l’ONU entrée en activité, les grandes puissances siégeant au Conseil de sécurité se sont très vite divisées ; par conséquent, de nombreuses discussions politiques se sont déplacées vers l’Assemblée générale.

Si l’on remonte aux années 1940 et au début des années 1950, c’est l’Assemblée générale qui a véritablement impulsé bon nombre de décisions concernant la question palestinienne ou la Corée, plutôt que le Conseil de sécurité, souvent paralysé par les tensions de la Guerre froide.

Photo ONU/Marcel Bolomey
La première session de l’Assemblée générale des Nations unies s’est ouverte le 10 janvier 1946 au Central Hall de Londres, au Royaume-Uni. (photo d’archives)

ONU Info : Alors que les tensions s’intensifiaient entre les États-Unis et l’Union soviétique, comment l’Assemblée générale a-t-elle fonctionné dans un monde de plus en plus divisé ?

Richard Gowan : Dans les années…

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Auteur: Nations Unies FR