La semaine dernière, en toute décomplexion, Édouard Philippe à déclaré que la colonisation n’était pas un crime. Maire d’une ville responsable de la déportation de plus 150 000 africains au XVIIIe siècle (comme dans de nombreux ports français, Le Havre est un ancien port négrier où s’organisait la traite des noirs), l’ancien premier ministre s’inscrit dans la droite lignée de la réécriture constante de l’histoire coloniale française pour la normalisation. Pour beaucoup, le colonialisme français n’est pas une actualité récente. C’est un passé qu’il faudrait au mieux regarder dans les yeux mais toujours en l’inscrivant dans l’histoire comme s’il ne régissait pas la réalité politique française d’aujourd’hui. Or, le colonialisme continue de jouer un rôle fondamental dans le fonctionnement de l’Etat français contemporain. Voici pourquoi :
Parce que la France a toujours des colonies
Les Outre-mer ne sont pas de simples “territoires éloignés”, mais les derniers espaces coloniaux administrés d’Europe de l’Ouest. Les statuts d’exception à travers une départementalisation asymétrique et une centralisation autoritaire montrent que le pouvoir politique sur place n’est pas souverain, il est structurellement construit pour l’hexagone puisse l’influencer. Évidemment, la dépendance financière et l’exploitation des ressources n’à jamais cessé et les Outre-Mer sont les derniers greniers de la France.
En Kanaky-Nouvelle-Calédonie, les référendums sont organisés sous un contrôle étroit de l’État. Les violences policières et l’emprisonnement des leaders indépendantistes rappellent un mode de gestion où la souveraineté locale est systématiquement niée : En 2021, le troisième référendum d’indépendance s’est tenu malgré des appels au report par le mouvement indépendantiste kanak en raison de la situation sanitaire et sociale, ce qui a conduit à un boycott…
Auteur: Amine Snoussi

