Difficile de louper l’information quand on est journaliste à Reporterre : chaque année, pour le 5 juin, nous recevons des dizaines de communiqués sur la « Journée mondiale de l’environnement ». Et comme chaque année, on a tiqué sur le terme « environnement », que nous n’employons dans notre média qu’avec extrême parcimonie.
Car derrière ce mot se trouve une certaine vision du monde et de l’écologie : « Quand on parle d’“environnement”, on parle de ce qui nous entoure, comme d’un décor ou d’une toile de fond pour les activités humaines, illustre Nataly Botero, sémiologue. C’est un terme assez problématique, qui porte l’idée qu’il y aurait d’un côté les humains et de l’autre le reste des organismes considérés comme des objets ou des machines. » Une approche anthropocentrée relativement inopérante face aux destructions en cours.
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D’après le philosophe Baptiste Morizot, interrogé par l’AFP, l’environnement « est assimilé à la protection de la nature, c’est les gens qui aiment les fleurs, les petits oiseaux ». C’est mignon, mais ça n’est pas prioritaire face à d’autres enjeux poussés par le gouvernement comme la sécurité ou… la croissance économique.
Faire face au monde industriel
Pourtant, dans les années 1970, l’idée de ses promoteurs était bien de faire monter la question environnementale. À l’origine, le mot « environnement » est dérivé du latin « virare », qui signifie « virer », « tourner ». Mais le terme a quasiment disparu de la langue française à la fin du XVIe siècle, selon l’historien Jean-Paul Deléage.
Il a en revanche poursuivi sa vie chez nos voisins anglo-saxons. Et au XXe siècle, le mot « environment » s’est imposé aux États-Unis pour qualifier les problèmes globaux liés au monde industriel, et à…
Auteur: Lorène Lavocat

