Les élections législatives anticipées, dont l’issue demeure incertaine, pourraient voir advenir une victoire historique de l’extrême droite et du Rassemblement national (RN). Dans le même temps, durant cette campagne, une large partie du champ politique, du camp présidentiel à la droite nationaliste, s’accorde pour qualifier le Nouveau Front populaire (NFP) d’« extrême gauche », en dépit des récusations de tous les partenaires de cette coalition.
Répétée telle une antienne, cette caractérisation ne résiste pas à une analyse sérieuse et honnête. Dans les faits, il s’agit d’une stratégie de communication politique ayant pour but de diaboliser et de disqualifier l’ensemble des gauches, érigées en ennemies, tout en insistant sur le caractère supposément anti-économique, liberticide, brutal de leur vision du monde et de leurs propositions.
Ce discours stigmatisant permet aussi au RN de se présenter comme une alternative à la fois crédible, sérieuse, soucieuse de respecter les grands équilibres économiques et les institutions démocratiques.
« Extrême gauche », un courant politique tout sauf homogène
Commençons par définir succinctement les contours historiques et politiques de ce courant politique, tout sauf homogène, à qui est accolé l’étiquette « extrême gauche » : on comprendra alors que le NFP n’est précisément pas d’« extrême gauche ».
Si la définition de l’extrême gauche ne fait pas consensus, certains chercheurs préfèrent parler en termes de « gauches alternatives », chacun reconnaît cependant sa dimension plurielle.
Selon la chercheuse en sciences politiques Christine Pina, elle recouvre :
« de nombreuses réalités qui, tout en ayant des racines historiques communes, se sont diversifiées selon les scènes politiques nationales, les formes de lutte contre le système capitaliste et les profils des différentes générations de militants ».
Malgré…
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Auteur: Aurélien Dubuisson, Historien, Chercheur associé au CHSP, Sciences Po

