Samedi 2 décembre 2023, un terroriste armé d’un couteau a tué un touriste allemand et blessé deux autres personnes. Quelques semaines après l’attentat à Arras qui a coûté la vie au professeur Dominique Bernard, cet événement interroge à nouveau le processus de radicalisation qui touche certains jeunes.
Il souligne l’urgence de comprendre l’influence grandissante du salafisme en France, courant souvent au cœur des processus de radicalisation, et les ressorts de l’adhésion à cette mouvance religieuse.
Si l’on s’en tient aux résultats de nos récentes recherches, ce sont les jeunes adultes dont les repères sociaux et professionnels ne sont pas encore bien établis, voire incertains, qui sont attirés par le salafisme. Et c’est pour recouvrer une stabilité identitaire qu’ils empruntent parfois le chemin de l’extrémisme. Mais alors, de quoi le salafisme est-il le nom ?
Les salafistes, en général, cherchent à revenir aux pratiques et aux croyances des pieux « ancêtres » – désignant les générations fondatrices de l’islam appelés Al Salaf Al Sâlih, considérés comme les plus authentiques. Il existerait trois formes principales de salafisme :
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Le salafisme quiétiste, majoritaire, prône l’ascétisme, la retraite spirituelle et l’abstention de l’engagement politique
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Le salafisme politique aspire à établir un État islamique fondé sur la charia (loi islamique)
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Le salafisme djihadiste, très minoritaire, considère la violence terroriste comme un moyen légitime pour imposer sa vision de l’islam.
Ainsi, toutes les personnes se revendiquant du salafisme sont très rarement impliquées dans des activités violentes. Cependant, certains aspects mis en avant par cette mouvance tel que le principe d’Al-wala’ wal-bara (« allégeance et désaveu ») ont pour effet d’encourager la distance sociale voire le séparatisme. Un séparatisme pouvant prendre la forme d’une désempathie ou d’une…
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Auteur: Djamel Bentrar, CTER à l’IUT du Mans, Le Mans Université, Le Mans Université

