L’ESSENTIEL
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À Marajó en pleine Amazonie, l’abondance de l’eau contraste avec le manque d’infrastructures d’eau potable et d’assainissement.
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L’expansion de la riziculture irriguée accentue les conflits autour des usages de l’eau.
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Le changement climatique risque d’aggraver des inégalités façonnées par les choix politiques et les investissements publics.
En Amazonie brésilienne, l’eau n’est pas simplement une ressource naturelle. Pour de nombreuses communautés rurales, elle façonne les déplacements, les moyens de subsistance, les systèmes alimentaires et la vie quotidienne. Dans le delta de l’Amazone, au sein de l’archipel de Marajó — le plus grand archipel fluvio-marin du monde —, les fleuves, les plaines inondables et les zones humides sont intimement liés aux manières d’habiter et de vivre le territoire. Pourtant, bien qu’elles vivent dans l’une des régions les plus riches en eau de la planète, des milliers de familles restent privées d’accès à l’eau potable et à des services d’assainissement de base.
Ce paradoxe ne découle pas simplement des conditions environnementales. Il reflète des choix politiques en matière d’infrastructures, d’investissements dans les territoires et de gouvernance de l’eau.
Une eau abondante, des infrastructures insuffisantes
Cette contradiction témoigne d’un problème structurel plus large en Amazonie brésilienne.
Bien que le nord du Brésil concentre une part importante des ressources en eau douce du pays, environ 6,5 millions de personnes dans cette région n’ont toujours pas accès à une eau traitée. Parallèlement, près de 15 millions de personnes vivent sans service de collecte des eaux usées.
Dans le Pará, l’État où se trouve Marajó, les indicateurs d’assainissement figurent parmi les plus mauvais du Brésil. Les données du Système national brésilien d’information sur l’assainissement (SNIS) montrent que moins de 10 % de…
Auteur: Monique Medeiros, Socio-Environmental Professor and Researcher , Universidade Federal do Pará (UFPA); Université de Montpellier
