Les éleveuses et éleveurs sont confrontés au quotidien à des épidémies animales qui pourraient s’étendre à nouveau avec le retour du printemps. La France est placée en risque élevé de grippe aviaire depuis octobre dernier. Des exploitations agricoles, actuellement confrontées à la tuberculose bovine doivent recourir à l’abattage total de leur troupeau, notamment en Côte-d’Or, dans le Calvados et l’Orne.
Quelques foyers de maladie hémorragique épizootique subsistent dans la Sarthe. Cette maladie infectieuse due à un virus est transmise exclusivement par des moucherons, les mêmes que ceux de la fièvre catarrhale ovine. Si la France est, pour l’heure, indemne de peste porcine africaine, les cas se multiplient dans les pays voisins, en Italie, en Allemagne, ou en Espagne. Nombre d’éleveuses et d’éleveurs redoutent également le retour de la dermatose nodulaire contagieuse en France continentale.
Pour comprendre l’accélération des épidémies animales, dont une partie se transmettent aux humains, et identifier les pistes pour les prévenir, Hélène Soubelet, docteure vétérinaire et directrice générale de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, nous a accordé un entretien, alors que la France accueille à Lyon le One Healh Summit, censé se pencher sur « les santés des humains, des animaux et des écosystèmes » qui « sont interdépendantes ». Ce sommet, qui rassemble États, acteurs publics ou privés, scientifiques et société civile, « vise à mieux coordonner les politiques publiques pour répondre aux enjeux sanitaires, alimentaires et environnementaux ».
Basta! : Est-ce que la multiplication des maladies animales vous surprend ?
Hélène Soubelet : De nombreuses études constatent une augmentation des maladies, notamment infectieuses, dans la majorité des espèces – animaux domestiques et chez les humains. Plusieurs phénomènes se juxtaposent.
Auteur: Sophie Chapelle

