Pourquoi les grandes écoles soignent leurs réseaux d’anciens

Depuis près d’une vingtaine d’années, les associations et réseaux d’anciens ont pris une importance stratégique pour les grandes écoles. Si leurs activités se sont longtemps centrées sur la publication d’un annuaire des diplômés, l’organisation de quelques manifestations réunissant les anciens les plus fidèles, et le partage de témoignages de carrière avec les nouvelles promotions, de nombreux moyens humains et financiers sont aujourd’hui investis pour les dynamiser.

Dans un contexte où les réseaux sociaux numériques, notamment professionnels, ouvrent des alternatives crédibles à ce type d’organisations, leur rôle s’est-il redéfini ? Pourquoi demeurent-ils malgré tout essentiels au rayonnement de ces filières ?

Des réseaux à structurer

Les grandes écoles ont toujours accordé une forte attention aux réseaux d’anciens. D’abord parce qu’ils aident à garantir la promesse d’emploi initiale de ce type de formations. Historiquement, les écoles d’ingénieurs forment par exemple des cadres avec des compétences techniques pour répondre aux besoins identifiés par les ministères de l’industrie ou de l’agriculture et les écoles de commerce des « managers » en réponse aux demandes des entreprises des Chambres de Commerce et d’Industrie. Et les réseaux d’anciens sont un lien utile vers des stages et des contrats d’alternance pour les étudiants ou pour accéder à un premier emploi pour les diplômés. Ensuite, parce qu’ils constituent généralement un « espace » où perdure l’esprit de communauté et de cohésion développé pendant les années d’études.

Depuis quelques années, les initiatives pour densifier et diversifier les activités de ces réseaux se multiplient. Les services dédiés ou les associations en charge des diplômés ont vu leurs effectifs augmenter et se professionnaliser. Les adhésions des nouveaux étudiants à l’association des diplômés sont désormais quasiment toutes « à vie ». Les événements qui leur sont proposés (conférences, afterwork, création d’antennes en France et à l’étranger, journée alumni au sein des établissements, participation aux jurys…) sont également de plus en plus nombreux. Mais, au-delà de la volonté de renforcer les liens avec leurs anciens élèves, ces efforts de structuration traduisent aussi la montée de l’importance stratégique de ces réseaux pour ces filières.



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Avec l’apparition des réseaux sociaux en ligne, notamment professionnels, solliciter des anciens étudiants de son établissement est devenu beaucoup plus facile qu’auparavant. Les liens entre anciens étudiants dépendent ainsi de moins en moins de l’institution dont ils sont issus.

Pourtant, si les réseaux sociaux permettent de garder le contact et de dynamiser un réseau professionnel, il reste nécessaire d’animer la communauté et ses activités. Et une structure spécifique prendra le temps de le faire et aura la légitimité pour solliciter l’ensemble des anciens, quels que soient leurs parcours et leurs liens antérieurs.

L’essor de la formation continue

En se massifiant et en se globalisant, l’enseignement supérieur est devenu beaucoup plus concurrentiel et les accréditations et classements, nationaux et internationaux, se sont multipliés. Après une période où ceux-ci se fondaient essentiellement sur les déclarations des établissements, ils tiennent désormais de plus en plus compte de l’avis des diplômés pour délivrer leurs labels ou établir leurs hiérarchies. Les anciens sont sollicités de toute part et leur ressenti est devenu stratégique pour garantir la réputation et le rayonnement d’une filière et d’un établissement.

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Cette capacité des réseaux d’anciens à maîtriser et à canaliser les retours des diplômés s’inscrit aussi dans le développement du concept d’« expérience étudiante ». Celle-ci se définit comme l’ensemble des expériences vécues par les étudiants, non seulement au moment de leurs études, mais aussi à partir du moment où ils s’intéressent à une formation… puis lorsqu’ils en sont devenus diplômés. La relation entre les étudiants et leur…

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Auteur: Olivier Guyottot, Enseignant-chercheur en stratégie et en sciences politiques, INSEEC Grande École

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