Composée de « bene » (le bien) et « volens » (de bon gré), la bienveillance désigne la volonté du bien. Initialement décrite dans le courant philosophique, elle s’est émancipée dans de nombreuses disciplines telles que la gestion des ressources humaines, l’éducation, la psychologie et s’invite maintenant dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA).
Aujourd’hui, l’IA et ses algorithmes sont omniprésents dans notre quotidien. La reconnaissance faciale, les chatbots, les assistants vocaux, les voitures autonomes constituent quelques exemples connus. L’arrivée récente des IA génératives, comme ChatGPT ou LLaMA, permettent d’aider et d’accompagner les humains dans leurs opérations intellectuelles (génération de contenus, traduction, etc.), ce qui bouleverse un peu plus nos interactions avec ces machines.
Néanmoins, dans quelle mesure peut-on parler de bienveillance pour qualifier les progrès des IA qui, par définition, ne sont autres que des algorithmes inspirés du cerveau humain ? A contrario, des IA capables de nuire pourraient-elles est être considérées comme malveillantes ? Se pencher sur ces questions nous permet de ne pas perdre de vu le sens que nous accordons aux mots pour penser et caractériser les opportunités et les enjeux des IA.
Une représentation partielle du monde
Lorsque l’on désigne un élément comme « artificiel », nous l’opposons communément au « naturel ». En effet, un artifice est un produit qui n’a pas de lien étroit avec le vivant, mais il peut tenter de le mimer ou de l’imiter. Dans cette perspective, les IA tentent de reproduire l’intelligence humaine à travers des algorithmes qui sont artificiellement développés par les humains (par exemple, l’apprentissage automatique, l’apprentissage profond). Les IA sont donc seulement des intelligences abiotiques, bien qu’il faille reconnaitre qu’elles ont parfois un fort pouvoir de prédication et…
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Auteur: Yann Arnaud, Doctorant en éthique des affaires, Université de Bordeaux

