Pourquoi les Japonais continuent de chasser la baleine

Ça aurait dû être la lutte du zodiac contre le Goliath : Paul Watson, fondateur de l’ONG Sea Shepherd, prévoyait de s’opposer cet été au Kangei Maru, le nouveau navire baleinier japonais, nec plus ultra du bateau-usine tueur de baleines dont la construction a coûté l’équivalent de 44 millions d’euros. Mais c’était sans compter sur l’arrestation du capitaine étasunien par les autorités danoises, dimanche 21 juillet, à Nuuk, au Groenland : un rebondissement qui laisse toute latitude au navire-usine pour démarrer la saison de chasse.

Si le Japon, qui est l’un des trois derniers pays à chasser le cétacé avec la Norvège et l’Islande, continue de s’illustrer tristement année après année, il faut pourtant noter que les Nippons eux-mêmes ne consomment presque plus de baleine : ils en mangeaient 200 000 tonnes par an dans les années 1960, contre 2 000 tonnes aujourd’hui. Le nombre de baleines tuées a aussi fortement baissé : environ 1 200 par an, dont 333 par le Japon, contre près de 70 000 (pour l’ensemble des pays) dans les années 1960.

La consommation a notamment baissé depuis un moratoire international adopté en 1986 qui bannit la chasse à la baleine à des fins commerciales — le Japon a tout de même poursuivi son activité baleinière pendant près de 30 ans, utilisant une dérogation qui autorise la chasse à dessein scientifique.

Le Japon a ensuite quitté en 2019 la Commission baleinière internationale (CBI), assumant à présent pêcher la baleine pour des raisons commerciales. Pour se défendre, les autorités japonaises ont argué qu’il s’agit d’une pratique traditionnelle remontant au XIIᵉ siècle. L’anthropologue Nakazawa Shin’Ichi remarque par exemple que « la chasse à la baleine est magnifique », en ce qu’elle révèle une relation profonde des Nippons avec ce qui les dépasse. La chasse s’apparente alors à une « forme de sacrifice permettant d’aller…

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Auteur: Nicolas Celnik

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