Omniprésents dans les villes, les livreurs à vélo ont les roues bloquées dans le piège de la flexibilité. Juridiquement entrepreneurs indépendants, en pratique employés, souvent travailleurs en dehors du marché classique, ils subissent un manque de réglementation en leur faveur. Et un manque de sensibilisation du grand public ?
Nous ne marcherons pas pour un hamburger, mais un cycliste pédalera cinq kilomètres sous la pluie pour nous l’apporter. Pendant que nous défilons et grignotons, ils transpirent et se débattent, se faufilant dans la circulation pour quelques centimes par kilomètre. Notre confort se fait au prix de leur épuisement, mais nous nous arrêtons rarement pour remettre en question ce déséquilibre. Après tout, le repas arrive chaud, et c’est ce qui compte.
L’essor et la propagation rapide du travail de livraison de repas sur plate-forme au cours de la dernière décennie ont été bien documentés. Bien qu’il soit possible d’avoir des effets positifs pour ces travailleurs – des revenus supplémentaires ou une flexibilité du temps –, il a été largement reconnu que ce type de travail comporte de multiples sources d’insécurités. Il peut constituer une forme d’exploitation dans la pratique pour les travailleurs.
Du lundi au vendredi + le dimanche, recevez gratuitement les analyses et décryptages de nos experts pour un autre regard sur l’actualité. Abonnez-vous dès aujourd’hui !
Malgré la nature dangereuse du travail, de plus en plus de personnes semblent prêtes à s’engager dans un travail aussi précaire. Dans notre étude, nous cherchons des réponses à ce paradoxe en explorant les expériences des livreurs à vélo lorsqu’ils entreprennent ce type de travail.
Conditions de travail extrêmes
Les coursiers à vélo impliqués dans les livraisons de repas doivent faire face à des conditions de…
Auteur: Jacob Vakkayil, Professor in Management, IÉSEG School of Management

