Les Pères fondateurs, artisans de la création des États-Unis, sont régulièrement cités par les acteurs du monde politique américain, à commencer par les locataires successifs de la Maison Blanche. Ces derniers dressent un portrait idéalisé de ces figures historiques pour les inclure dans un récit national commun destiné à légitimer leurs décisions. Cette sacralisation mérite toutefois d’être nuancée…
Les « Pères fondateurs » – formule qui, dans son acception la plus courante, désigne un groupe de sept personnes constitué de Benjamin Franklin (1706–1790), George Washington (1732–1799), John Adams (1735 -1826), Thomas Jefferson (1743–1826), John Jay (1745–1829), James Madison (1751–1836) et Alexander Hamilton (1755–1804) – occupent une place centrale dans l’imaginaire collectif des États-Unis. Ces figures historiques, à l’origine de la création des institutions et des valeurs fondamentales du pays, sont régulièrement invoquées comme des modèles de sagesse et de vertu dans la sphère politique américaine.
Leur héritage est régulièrement présenté comme une sorte de boussole morale et politique ultime pour les responsables du pays, qu’ils soient démocrates ou républicains. Comment expliquer cet impact constant, plus de 200 ans après leur gouvernance ?
Le discours performatif des présidents américains
Les Pères fondateurs incarnent les idéaux de liberté, d’égalité et de démocratie associés à la nation américaine au moment de sa création.
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Se référer à ces figures permet aux dirigeants d’établir un lien entre leur action et les origines des États-Unis, et in fine, de légitimer…
Auteur: Frédérique Sandretto, Adjunct assistant professor, Sciences Po

