Dans une série d’articles consacrés à Bernard Arnault, Le Monde décrit un homme antipathique, manipulateur et… très radin. Obsédé par le fait de payer le moins d’impôt possible (obsession jamais mieux servie que par Emmanuel Macron dont il est très proche), le PDG du groupe LVMH serait aussi un sacré rapiat : on nous raconte ainsi que “son rapport à l’argent est si complexe que, même s’il coule à flots, il fait la chasse aux petites économies. Si un ami veut utiliser le court de tennis qu’il possède à Paris, il lui faut le louer auprès de son secrétariat”. Ce n’est pas la première fois que je lis ce genre de choses au sujet de ces grands bourgeois qui engagent des gens pour “optimiser” leur fiscalité et qui dépensent une énergie folle pour contribuer le moins possible, tout en agissant avec leurs proches et leurs employés de façon tout à fait mesquine quand il s’agit d’argent. Un ami à qui je parlais de ce sujet s’est rappelé d’une vieille affaire impliquant Jean Paul Getty, pétrolier et homme le plus riche du monde dans les années 60 qui, appelé à la rescousse suite à l’enlèvement de son petit fils par la mafia italienne, a prêté à son propre fils de quoi payer la rançon, mais avec taux d’intérêt et en prenant soin de pouvoir défiscaliser son don. Cette mesquinerie financière est attestée par les magazines “fiscalité et patrimoine” que l’on trouve dans les rayons “vie pratique” des Relay de gare mais aussi par les publicités dans Le Figaro: dans ces publications, on se demande ouvertement comment payer le moins d’impôts et bénéficier de la moindre niche fiscale ou sociale pour sa résidence secondaire et son personnel de maison. Ces observations vont dans le sens d’une théorie à laquelle ma mère tient beaucoup : “Ça ne loupe jamais : ce sont toujours les plus thunés qui sont aussi les plus radins”. A priori, c’est contre-intuitif : si l’on a de…
Auteur: Nicolas Framont

