Jordan Bardella est reçu au Medef, ce lundi 20 avril. Comme de nombreux dirigeants européens de la droite souverainiste, il se réclame du libéralisme. Pourtant, le souverainisme économique s’oppose aux principes mêmes du libéralisme, fondés sur le libre-échange et l’universalisme. Sous le drapeau idéologique de l’intérêt national, le souverainisme, ou conservatisme, exprime les intérêts de propriétaires qui cherchent à transformer leurs revenus en rentes en se protégeant de la concurrence internationale.
Donald Trump, Giorgia Meloni, Javier Milei ou Viktor Orban à l’étranger, Sarah Knafo, Jordan Bardella ou Bruno Retailleau en France… Tous ces responsables politiques attèlent aujourd’hui le cheval du libéralisme à la charrette du souverainisme, de la protection nationale et de la lutte contre l’immigration. Personne dans la presse ne semble véritablement s’étonner de ce nouvel équipage, et surtout s’interroger sur les forces idéologiques qui se cachent derrière.
Nombre de ces dirigeants conservateurs évoquent des points communs avec le libéralisme, voire une complémentarité nécessaire. Ainsi, pour Bruno Retailleau, « le libéralisme authentique ne va pas sans un conservatisme assumé ». Certes, partout dans le monde occidental, la droite souverainiste incorpore dans son programme le principe libéral de l’abaissement de la fiscalité sur les revenus du travail et du capital, ainsi que l’allègement de la réglementation administrative. Mais, pour les libéraux, le combat contre la taxation et l’étouffoir des normes n’est pas destiné à protéger les intérêts corporatistes des propriétaires de ressources. Il s’inscrit à l’intérieur d’un ensemble plus large, profondément étranger à la droite souverainiste, qui est le respect du libre-échange et de la compétition internationale.
Ce qu’est vraiment le libéralisme
Il suffit de relire Adam Smith, Frédéric Bastiat ou Friedrich…
Auteur: Thierry Aimar, Maître de conférences en sciences économiques, Université de Lorraine

