À chaque scrutin, le même refrain résonne toujours à gauche de l’échiquier politique : il faut s’unir coûte que coûte pour l’emporter. Cette conception repose, cependant, sur le postulat assez fragile affirmant que les électorats constitueraient des blocs interchangeables que l’on pourrait facilement additionner. Cette stratégie élude, de plus, la nécessité d’un véritable projet, construit autour d’une idée de rupture.
L’Histoire a pourtant régulièrement démontré que la victoire ne se bâtit pas autour d’un agrégat d’appareils et d’une soupe de logos, mais bien en créant une dynamique. Or, celle-ci suppose une direction claire et tranchée. Ainsi, l’ADN de la gauche consiste à se dissocier des systèmes de domination. Une radicalité assumée, bien souvent enrayée par la sacro-sainte union réclamée par de nombreux commentateurs.
Le mythe arithmétique
Pour deviner le poids de l’union de la gauche, il suffirait, selon certains, d’additionner les scores des différents mouvements se revendiquant de cette obédience aux précédentes élections. Pire, quelques-uns prendront même les sondages, dont la pertinence a largement été remise en question, comme référentiel de leur argumentation.
Et pourtant, dans la réalité, un sympathisant de la France Insoumise n’aura probablement aucune envie de voter pour un candidat du Parti Socialiste, quand bien même celui-ci incarnerait l’union de toute la gauche. La réciproque est d’ailleurs sans doute également vraie.
La centralité de la conflictualité
Lorsque des forces antagonistes au sein d’une union s’affrontent, tous les conflits d’idées seront mis sous le tapis, ce qui nuira nécessairement à la clarté de l’offre politique. Or, les électeurs auront tendance à s’orienter vers un projet clair, pas vers un agrégat de mouvements aux points communs réduits.
De facto, lorsque…
Auteur: Simon Verdiere

