C’était la grande inconnue des Jeux olympiques (JO) de Paris : la Seine sera-t-elle suffisamment propre pour accueillir les épreuves de nage en eau libre ? L’épreuve masculine du triathlon a été reportée d’une journée, au mercredi 31 juillet, en raison d’une eau trop polluée. Les deux entraînements prévus les 28 et 29 juillet avaient déjà été annulés pour le même motif. Les organisateurs ont justifié ce report pour des « raisons sanitaires », à cause des fortes pluies tombées les jours précédents qui ont dégradé la qualité de l’eau. Rien d’étonnant selon Paul Minier, docteur de l’École des Ponts ParisTech et auteur d’une thèse sur le tout-à-l’égout et les risques sanitaires liés aux matières fécales.
Reporterre — Pourquoi le report de l’épreuve de triathlon en raison de la pollution de la Seine n’est-il pas surprenant ?
Paul Minier — Les risques sanitaires sont dus à la présence de bactéries indicatrices de contamination fécale. Les matières fécales peuvent contenir des pathogènes à l’origine de maladies infectieuses communément appelées gastro-entérites qui se transmettent par les mains ou par l’ingestion d’eau ou d’aliments souillés par des matières fécales de personnes contaminées. La transmission dépend donc du système d’assainissement.
À Paris, comme dans de nombreux pays à revenus élevés où l’eau est abondante, le système du tout-à-l’égout est largement utilisé. Cependant, il présente plusieurs inconvénients du point de vue sanitaire. Les matières fécales sont mélangées au reste des eaux usées dans un égout dit unitaire qui collecte également les eaux pluviales. Les égouts possédant des capacités limitées, en cas de fortes pluies, ça déborde et tout ce mélange va directement dans la Seine. C’est une des hypothèses pouvant expliquer l’origine de la contamination ayant conduit au report de l’épreuve de triathlon.
Par…
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Auteur: Jeanne Cassard

